Pourquoi les clients Shopify demandent-ils toujours « Où est mon colis ? »

Les failles de suivi, de promesse de livraison et de contexte qui transforment une incertitude logistique en ticket SAV.

Parcours de livraison montrant les incertitudes de suivi et les étapes du SAV
Les demandes de suivi augmentent lorsque le client ne sait pas ce qui est arrivé au colis ni quelle sera la prochaine étape.

Les demandes WISMO viennent de l’incertitude logistique

« Où est mon colis ? » est une demande prévisible du e-commerce. Elle apparaît surtout lorsque le client ne comprend pas ce qui s’est passé, ce que signifie le dernier statut ou ce qui va se passer ensuite.

C’est pour cela que le mot « toujours » est important dans le titre. Le client ne contacte pas le SAV par plaisir : il relance lorsque la première réponse n’a pas supprimé l’incertitude, que le suivi est silencieux ou que la prochaine étape reste floue.

Avant de recruter, réduisez les zones floues autour du colis : une promesse réaliste, un statut expliqué, une prochaine étape claire et une règle d’escalade sûre.

Ce que disent les données sur le suivi de commande

Shopify présente le suivi complet comme un moyen de réduire les demandes d’assistance liées au statut de la commande. Gorgias classe le statut de livraison comme première catégorie de tickets dans ses données couvrant 20 secteurs, 16 140 marques et 77 millions d’acheteurs. Ce chiffre doit être attribué à Gorgias, mais il confirme que la livraison mérite un vrai processus de support.

Le coût d’une réponse incomplète est concret : Gartner estime à 13,50 $ le coût médian d’un contact assisté. De son côté, SQM mesure un taux de résolution au premier contact de 71 % pour les demandes liées aux commandes. Une partie des conversations revient donc dans la file lorsque la première réponse ne ferme pas la boucle.

Exemple illustratif, à adapter à votre boutique :
6 demandes par jour × 5 minutes = 30 minutes
Sur 5 jours : 2 h 30 de traitement
Sur 4 semaines : 10 heures
À 25 € de coût horaire chargé : 250 € de temps mobilisé

Ces hypothèses ne sont pas une moyenne du secteur. Comptez le temps de recherche et de réponse, ainsi que les relances, sans compter deux fois le même échange. Si vous répondez vous-même, ce calcul valorise le temps pris sur vos autres tâches ; il ne représente pas forcément une dépense supplémentaire.

Comprendre le parcours du colis

Avant de regarder le suivi, il faut distinguer trois étapes : la préparation de la commande, sa prise en charge par le transporteur, puis sa remise au lieu de livraison. Selon votre organisation, la préparation peut être faite chez vous, par un fournisseur ou par un prestataire logistique (3PL).

Pour le client, il s’agit d’une seule commande passée auprès de votre marque. Pour vous, les informations sont réparties entre plusieurs acteurs. Savoir qui peut vérifier la prochaine étape évite de chercher au mauvais endroit lorsqu’une demande arrive.

Les trois grandes étapes du colis : préparation, transporteur et lieu de livraison.

Une étiquette créée ne dit pas encore où est le colis

Une étiquette de transport peut être créée alors que le colis attend encore sa remise au transporteur. Recevoir un lien de suivi ne signifie donc pas forcément que le colis est déjà en route. Sans explication, le client voit un statut immobile et se demande si sa commande a été oubliée.

Entre deux scans, le suivi montre le dernier événement connu, pas une position en temps réel. Une absence de nouveau scan ne prouve pas à elle seule que le colis est perdu ; elle limite ce que vous pouvez affirmer au client.

Pour le premier scan, définissez un délai attendu avec la personne qui prépare les commandes. Si ce délai est dépassé, vérifiez la remise du colis plutôt que de demander au client de consulter à nouveau une page qui n’a pas changé.

Exemple de message lorsque seule l’étiquette est créée

Votre commande est en préparation et son étiquette de transport a été créée. Les premières étapes de suivi apparaîtront après le premier scan du transporteur.
Étiquette créée, colis en pointillés gris sans visibilité, puis premier scan transporteur.

Une application de suivi peut présenter les informations disponibles, mais elle ne confirme pas une prise en charge sans événement correspondant. Si l’attente dépasse votre délai de préparation annoncé, vérifiez avec la personne qui prépare le colis.

Informer avant que le client ait besoin de demander

Une première façon de réduire les demandes consiste à donner les repères utiles sans attendre que le client vous écrive. Prévoyez une séquence de notifications liée aux événements réels de la commande, avec votre nom de marque et un accès visible au suivi.

Vous pouvez partir de quatre moments simples. Il ne s’agit pas d’envoyer quatre messages coûte que coûte : chacun doit correspondre à une information disponible et apporter quelque chose au client.

  • Commande confirmée : confirmer la réception de la commande et rappeler le délai de préparation annoncé.
  • Commande expédiée : annoncer la prise en charge lorsque vous disposez de cette information, et donner le lien de suivi. Si seule l’étiquette existe, le préciser.
  • En cours de livraison : prévenir de l’arrivée prévue lorsque le transporteur fournit cet événement, sans transformer une estimation en garantie.
  • Livraison indiquée comme effectuée : confirmer le statut et rendre facile le signalement d’un colis non retrouvé.
Quatre notifications proactives : commande confirmée, expédiée, en cours de livraison et livrée.

Une application de tracking peut aider à présenter le suivi et à déclencher ces messages. Vérifiez surtout les événements utilisés et les notifications déjà envoyées par vos autres outils : le client ne doit pas recevoir deux messages contradictoires pour la même commande.

Le client ne veut pas chaque scan : il veut savoir quoi faire

McKinsey indique qu’environ la moitié des consommateurs suivent activement le statut de leur commande. L’étude indique aussi qu’environ 85 % ne jugent pas une livraison inacceptable lorsqu’elle arrive dans les un à deux jours suivant la promesse. Le bon message ne transmet donc pas chaque événement : il explique le statut, la prochaine échéance et l’action attendue.

« En transit » est un statut. « Votre colis a quitté le centre d’origine hier et reste dans le délai annoncé ; nous reviendrons vers vous si aucun nouveau scan n’apparaît jeudi » est une réponse de SAV.

Exemple fictif : un client attend un cadeau pour samedi

Bonjour, le suivi indique « En transit ». Est-ce que ma commande arrivera avant samedi ?

Une réponse qui traite sa vraie question

Le dernier suivi indique un départ du centre de tri jeudi. Je ne peux pas confirmer une livraison avant samedi avec ces informations. Je vérifie auprès du transporteur et vous fais un retour vendredi avant 16 h.

Le marchand ne peut pas toujours garantir une date de livraison. Il peut en revanche annoncer une prochaine vérification qu’il sera capable de tenir. Cela donne au client un repère plus utile qu’un nouveau lien vers le même statut.

Prévenir aussi lorsque la livraison ne se passe pas comme prévu

La séquence normale ne suffit plus quand une commande reste en préparation, qu’un retard apparaît ou qu’une tentative de livraison échoue. C’est précisément à ces moments que le silence pousse le client à contacter votre marque.

Prévoyez aussi ces trois situations : un problème de disponibilité ou de préparation, un retard pendant le transport et un échec de livraison. Le message doit préciser ce qui est connu, ce que vous vérifiez et la prochaine échéance. Si le client doit corriger une information ou récupérer son colis, rendez cette action explicite.

Vous ne maîtrisez pas chaque étape du transport. Vous pouvez en revanche éviter que le client découvre seul le problème et ne sache pas vers qui se tourner. Une notification ne remplace pas la vérification auprès du fournisseur ou du transporteur : elle accompagne cette démarche.

Exemple fictif : un retard identifié avant une demande du client

Le transporteur signale un retard sur votre colis. Nous n’avons pas encore de nouvelle date de livraison confirmée. Nous vérifions la situation et vous donnerons des nouvelles jeudi avant 16 h, même si le suivi n’a pas évolué.
Prévenir les incidents aux trois étapes : problème de stock, retard de transport et échec de livraison.

Annoncez une échéance de retour que vous pouvez tenir. Pour un colis en point relais, prévoyez également un rappel avant la date limite de retrait fournie pour cet envoi, afin d’éviter un retour que le client n’avait pas anticipé.

Définir vos seuils de suivi plutôt qu’un délai universel

Il n’existe pas de benchmark public fiable sur le délai entre la création d’une étiquette et le premier scan transporteur. Il n’existe pas non plus de taux comparable entre transporteurs pour les colis qui expirent en point relais. Ces deux silences opérationnels créent pourtant une grande partie de l’anxiété client.

Il vaut mieux définir des seuils internes que reprendre un chiffre inventé : délai attendu de remise au transporteur, durée maximale sans nouveau scan, puis alerte avant l’expiration d’un point relais. La bonne mesure est l’évolution de vos propres exceptions.

Quand le client contacte malgré tout le SAV

Même avec un bon suivi et des notifications utiles, certaines demandes restent nécessaires. Le client peut avoir besoin d’une précision, constater un incident ou contester une livraison. On passe alors de la communication proactive à la prise en charge de sa situation.

Commencez par rassurer : montrer que vous avez compris la demande et expliquer ce que vous allez vérifier. Rassurer ne consiste pas à promettre que tout va bien sans avoir consulté le dossier.

Vérifiez ensuite le dernier événement, le délai annoncé et les éléments disponibles auprès de la préparation ou du transporteur. La réponse doit déboucher sur une prochaine étape claire, même si vous ne connaissez pas encore l’issue.

Une réexpédition ou un remboursement peut être approprié selon la situation et les vérifications effectuées, mais ce n’est pas une troisième étape obligatoire. Une explication fiable, une recherche en cours ou une consigne de retrait peuvent aussi répondre au problème. Gardez une validation humaine pour les dossiers sensibles ou contradictoires.

Rassurer le client, vérifier la situation, puis réexpédier ou rembourser lorsque cela est justifié.

Les 12 actions avant de recruter

Les quatre premières actions évitent l’incertitude avant l’expédition. Les quatre suivantes expliquent le transit. Les quatre dernières structurent les exceptions après la livraison.

Cette checklist rassemble la prévention et le traitement des demandes sur tout le parcours. Ce ne sont pas douze cas de réclamation : ce sont douze pratiques à vérifier dans votre boutique, en commençant par les points qui vous font perdre le plus de temps aujourd’hui.

Douze actions : quatre avant l’expédition, quatre en transit et quatre après la livraison.

Avant l’expédition : éviter la première relance

  • Promettre un délai réaliste selon la destination et le mode de livraison.
  • Envoyer le suivi sans laisser croire que le colis a déjà été scanné.
  • Expliquer le délai entre l’étiquette créée et le premier scan Colissimo, Chronopost ou Mondial Relay.
  • Synchroniser Shopify avec le fournisseur ou le 3PL responsable de la préparation.

En transit : transformer le statut en prochaine étape

  • Surveiller les exceptions importantes plutôt que chaque scan.
  • Expliquer les retards avec une date ou un prochain point de contrôle.
  • Déclencher les mises à jour utiles au lieu d’envoyer chaque événement.
  • Indiquer clairement s’il faut attendre, vérifier, contacter le transporteur ou répondre au SAV.

Pour un marchand, ouvrir Shopify, consulter le suivi puis solliciter le transporteur prend du temps. Notez le résultat et la prochaine échéance dans le même échange : si le client revient, vous pourrez reprendre le dossier sans recommencer toute la recherche.

Après la livraison : traiter les exceptions

Un statut « livré » ne suffit pas à décider. Le colis peut être dans un lieu sûr, chez un voisin, dans un point relais ou avoir été mal scanné. Le Merchant Risk Council indique que la moitié des marchands interrogés ont rencontré de fausses réclamations de non-réception, avec un coût moyen de résolution de 78 $. Il faut donc protéger le client sans automatiser aveuglément le remboursement.

Exemple de réponse à « C’est marqué livré, mais je n’ai rien reçu »

Nous allons vérifier les informations de livraison. Pouvez-vous regarder si le colis a été réceptionné par une personne de votre foyer ou déposé à l’endroit indiqué sur le suivi ? De notre côté, nous examinons les éléments disponibles auprès du transporteur.
  • Vérifier le lieu sûr, le voisinage et les autres personnes du foyer.
  • Contrôler la date limite d’un point relais.
  • Proposer une résolution définie : enquête, réexpédition ou remboursement.
  • Transférer à un humain les cas sensibles, coûteux ou contradictoires.

L’objectif est d’avancer vers une réponse, sans mettre en doute le client ni promettre un remboursement avant d’avoir examiné le dossier. Un problème de livraison suivi de réponses vagues peut aussi dégrader la confiance et se retrouver dans un avis.

Réunir le contexte pour répondre, sans perdre le jugement humain

Pour appliquer ces recommandations, le SAV doit pouvoir retrouver les faits sans refaire toute la recherche à chaque échange. Shopify donne le contexte de commande ; la préparation et l’application de suivi apportent les informations d’expédition ; le transporteur fournit les scans et les événements de livraison.

Ces informations doivent être rapprochées de la question du client, du délai qui lui a été annoncé et des démarches déjà faites. Un statut seul ne suffit pas à rédiger une réponse utile : il faut aussi savoir ce qui a été promis et quelle est la prochaine action.

L’automatisation peut classer une demande, récupérer le contexte Shopify et transporteur, rédiger une réponse et suggérer une action. Les remboursements, réexpéditions et dossiers à risque doivent rester soumis à validation lorsque les preuves sont incomplètes.

C’est le rôle de Repline dans ce parcours : relier Shopify, les données de préparation, les événements transporteur et la boîte support pour que l’équipe voie le même contexte, explique la prochaine étape et conserve le jugement humain là où une erreur coûte cher.

Le contexte Shopify, les informations de préparation et de suivi et les événements transporteur réunis avec Repline pour une réponse utile.

FAQ

Références

  1. Aide Shopify sur le suivi
  2. Benchmark Gartner du coût du service client
  3. Benchmark Gorgias de l’expérience client
  4. Benchmark SQM de résolution au premier contact
  5. Étude McKinsey sur les attentes de livraison
  6. Rapport Merchant Risk Council sur la fraude
  7. Suivi Colissimo
  8. Suivi Chronopost
  9. Suivi Mondial Relay

© 2026 Repline. Textes, illustrations et infographies originales. Toute reproduction ou utilisation commerciale sans autorisation écrite est interdite.